La Lady du jour: Mary Anning, la paléontologiste pionnière

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Une peinture de Mary Anning, au Natural History Museum of London

Dans le monde de la paléontologie, le nom de Mary Anning est respecté comme celui d’une chasseuse de fossiles qui mit au jour, en 1812, le premier fossile d’ichthyosaure, un reptile marin contemporain des dinosaures.

Elle va naître en 1799 dans un village côtier du Sud de l’Angleterre. Son premier contact avec les fossiles sera avec son père, qui était ébéniste, mais qui arrondissait les ins de mois en vendant lesdits fossiles aux touristes.

Quand son père va décéder, la famille n’aura plus de revenu et elle va se mettre à chercher des fossils à plein temps. C’est un travail très difficile, et elle va d’ailleurs manquer d’y perdre la vie lors d’un glissement de terrain en 1833.

Au début du XIXe siècle, collectionner des fossiles est très à la mode et plusieurs bourgeois vont s’addonner à cette activités. C’est en s’y arrêtant avec attention que certains vont en développer une science, se rendant compte de l’importance que peut avoir un fossile.

Il faut aussi mentionner qu’au début du XIXe siècle, le blocus continental imposé par Napoléon au Royaume-Uni empêche ses habitants de voyager sur le continent. Ils redécouvrent alors le territoire national, et explorent son sous-sol. Les propriétaires fonciers se rendent compte des immenses richesses que peuvent recéler leurs terrains. On se met à prospecter, à étudier la composition minéralogique des sols. La construction de ponts, de canaux contribue à faire découvrir la géologie et de nombreux amateurs s’y invitent.

Le déclencheur de la passion qu’avait Mary pour les fossiles remonte à quelques mois après la mort de son père, lorsqu’elle découvre un squelette complet d’ichtyosaure, qui ressemble à des dauphins et qui serait apparu avant l’ère des dinosaures. L’espèce avait déjà été décrite en 1699, mais jamais que l’on avait trouvé un squelette entier. Il s’agit d’une découverte importante qui est rapidement décrite dans Transactions of the Royal Society. Mary est alors âgée de douze ans.

Elle va rapidement attiré le regard des collectionneurs et un de ces derniers va faire une levée de fond pour pouvoir aider sa famille, enlevant un grand poids sur les épaules de Mary. Une autre découverte importante qu’elle a faite est celle du squelette d’un plésiosaure en 1821. Ça ressemble à une tortue sans carapace, mais avec un long coup de serpent. Elle va aussi trouver un fossile de ptérodactyle, le premier à être trouvé hors de l’Allemagne.

Toute sa vie, elle va collectionner des fossiles, créant ainsi une banque immense d’artéfacts qui font maintenant le bonheur des musées. Elle va décéder à l’âge de 47 ans d’un cancer du sein.

Au cours de sa carrière, elle va recevoir une rente annuelle de la British Association for the Advencement of Science, et quelques mois avant sa mort, elle est élue membre honoraire de la Geological Society of London, en dépit des status sexistes de l’époque interdisant l’élection des femmes. Au-delà de ce cercle, il demeure méconnu. Cette scientifique amateur, d’humble origine, occupe dans l’histoire de la paléontologie une place particulière : seule femme dans une communauté scientifique masculine, elle figure parmi les pionniers de cette science en Europe.

Sources : www.paleomania.com, www.wikipedia.com, www.pourlascience.fr

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